Je viens de terminer la lecture du “Maître des illusions”
. Voilà un roman en compagnie duquel on ne passe pas un mauvais moment. L’écriture est fluide et on se laisse emporter par l’univers un peu étrange qui se dégage au fil des pages1. Les personnages, loin des clichés éculés du “teenage movie”, nous montrent une face délicieusement et dangereusement décadente. Les éléments de l’intrigue sont amenés avec une précision quasi chirurgicale pour le plus grand plaisir du lecteur.
Cependant, malgré des qualités indéniables le roman pèche par une histoire somme toute un peu faible, ce qui à la fermeture de la dernière page m’a fait dire: “tout ça pour ça!pfff”.
Note globale : 7/10
(UPDATE)
Quentin Delvoye, un ami, et véritable passionné de littérature (Allez lui dire bonjour, il tient le rayon littérature de la librairie Brüsel sur la place Flagey) m’a répondu ceci par email:
“Tout ça pour ça” me dis tu. Oui, “Tout ça”, pour raconter sans retournements ni cliffhangers la perte de contrôle d’une jeunesse imbue d’elle même et de son intelligence. Il n’y a jamais la facilité d’un jugement. Le narrateur est toujours présent mais en même temps distant dans ce jeu de massacre. Il participe contre son gré, pétri d’une coupable relativité, afin de faire partie d’un monde qu’il envie. “ça” c’est la perte de l’innocence, des idéaux, sans faire exprès. On est dans le domaine de l’idéologie. C’est un livre politique, pas un thriller.
Il n’y a pas de vainqueur, pas de coupable, tout le monde est victime ou coupable selon le point de vue. De loin en loin, à condition de fermer les yeux.
Mieux exprimé, nous sommes tous responsables et devons affronter l’horrible vérité de pouvoir être jugé non pas sur l’entièreté des faits mais pour une seule action, une seule scène. Pire, nos malversations restent impunies, nous créons nous-mêmes la prison de nos repentirs.
Je partage son avis. La phrase un peu provocante “tout ça pour ça!pfff” concerne la montée en puissance amenée avec brio page après page, on s’attend à quelque chose de plus “grand” sur la fin, plus spectaculaire. Je reste sur ma faim.
- Contrairement à ce que pourrait laisser pensé le tire, il ne s’agit pas du tout d’un roman sur les puissances occulte et associé [↩]
