“Répondez à la question” N°2 et autres considérations

by Thomas on 21/11/2008

A la fin de mon billet sur la première émission de  répondez à la question , j’ai dit que je regarderais le numéro suivant chose promise chose due. Je viens de le regarder en ligne (vive la VOD).

Quelques considérations:

1. Je continue à croire qu’il s’agit d’un bon principe d’émission. Avec le temps cela va s’affiner mais dans l’ensemble tous les éléments sont là pour assurer une vraie participation du public.

2. Une très bonne interaction web et tv traditionnelle. Et oui! ces deux là peuvent être complémentaires ça fait du bien de voir que ça évolue dans le bon sens¹ .

3. Je ne comprend pas l’intérêt de faire défiler en bas de l’écran des sms surtaxés.

4. Je n’aime toujours pas les petits sujets.

Autres considérations:

J’aimerais souligner une phrase d’Axell Miller: “Les journalistes devraient être mieux payés”. Je ne peux qu’être d’accord, d’une part parce que c’est vrai² (à l’exception de quelques “vedettes”), ensuite cela permettrait aux journalistes un luxe bien plus grand: prendre le temps. Mieux payé pour produire moins mais plus qualitatif.

Je m’explique la différence d’expertise entre Axel Miller et les journalistes sur le plateau est trop importante, on le sent tout au long des questions. Il est évidemment normal qu’un expert dispose d’un niveau de connaissances et de compréhension plus important mais à ce niveau là c’est gênant. Les questions étaient très générales et une fois que l’ex patron de Dexia partait dans une analyse plus fine il a laissé ses interlocuteurs sur place, comme si ceux-ci ne s’étaient pas du tout attendus à ce genre de réponses (faut dire que le type est brillant).

La crise financière est un dossier plus que complexe et d’après moi il nécessite d’ingurgiter une littérature importante et de réaliser de nombreuses rencontres préparatoires avec des professionnels³. Mais les journalistes ont ils eu le temps de le faire? Je serais curieux de savoir combien de temps par exemple François De Brigode a pu consacrer à la préparation de cette émission en sachant que tous les jours de la semaine il est à la présentation du JT. Personnellement, dans son cas je n’aurais pas pu effectuer un travail de recherche sérieux. C’est humainement pas possible. Sur ce genre d’émission il faut placer des journalistes à plein temps.

Ce n’est pas pour cela que je plaide pour des journalistes hyper spécialisés. Je n’aime pas cette idée car c’est en s’intéressant à différentes disciplines, en confrontant des univers différents que va surgir une idée géniale (cfr la théorie du singe rouge). Il faut juste laisser le temps aux journalistes de se documenter convenablement.

Time is quality. Quality made happy viewers. Happy viewers are easier to monetize.

Allez voir ailleurs:


1 C’est parce qu’ils ont un évangélisateur web qui s’agite dans les coulisses: Une sorte de spectre qui, pomme à la main,  prêche inlassablement dans les couloirs froids et impersonnels de Reyers.

2. Demandez au Soir combien sont payé les papiers de la pages opinions. Dans la plupart des canards un article de 1500 signes tourne autour des 80-90 euros brut (J’ai un doute sur les tarifs précis, (Mateusz si tu passes par ici n’hésites pas donner plus de précisions). Bref dans ces conditions difficile de prendre le temps de se documenter sérieusement.

3. Ces rencontres peuvent être filmées et le processus de documentation mis en ligne. Les avantages sont multiples: fidéliser l’audience (pub ciblé), faire preuve de transparence et profiter des éventuelles remarques des internautes. Mais il s’agit d’un processus à plein temps, pas questions d’y affecter des journalistes qui doivent déjà réaliser de multiples autres tâches.

{ 5 comments }

Pedrock 21/11/2008 at 06:21

Tout à fait d’accord. J’apporterais cependant deux nuances à ces affirmations (à propos de la formation des journalistes pour cette émission, et le temps de préparation laissé disponible):

En effet à mon avis De Brigode n’a pas eu énormément de temps de disponible pour gérer cela, avec la préparation des JT à côté. Néanmoins, ces deux tâches sont loin d’être antagonistes. Même si le sujet est traité avec un certain degré de vulgarisation (nécessaire), personne n’est mieux placé que De Brigode que pour avoir une vision d’ensemble et un suivi au jour le jour de la crise.

Deuxièmement j’ai trouvé le choix de Mme Delvaux fort judicieux…n’oublions pas qu’elle est quand-même licensiée en Sciences Eco à la base.

Pour finir les monologues d’Axel Miller m’ont souvent paru de longues justifications plutôt que de véritables explications. J’ai été surpris que l’on ne parle pas plus que ça de son parachute doré tiens…

Cordialement,

damien 21/11/2008 at 07:04

“évangélisateur” et “pomme à la main” … damné, je suis démasqued ! Oui, j’avoue, je suis membre de l’Internationale des Frères Fruticoles, qui militent pour l’adoption de la culture sans pesticide au sein des administrations :-)

Thomas 21/11/2008 at 08:09

@ Pedrock

- “Néanmoins, ces deux tâches sont loin d’être antagonistes”

100% d’accord mais je pense qu’un sujet comme celui là nécessite un long travail de documentation. Un JT traite de beaucoup de sujets différents. Il faut tout le temps être capable de réagir face aux rebondissements de dernière minutes. Il y a très peu de recul ou d’analyse de fond. C’est ni bien ni mal c’est le principe même du JT. Pour prendre du recul et de la profondeur dans l’analyse il faut mettre un pied de coté sinon on est emporté par le flux continuel d’infos et on ne voit plus l’image d’ensemble. Et entre nous tu as compris le comment et le pourquoi de la crise rien qu’en regardant le JT de la RTBF? Perso moi j’ai encore rien compris à part quelques très très grandes lignes.

Qu’il y ait des personnes “extérieur” comme Anne Delvaux ou M Visart c’est plutôt bien. C’est aux journaliste principaux de s’atteler qu’à cette tâche

- “Même si le sujet est traité avec un certain degré de vulgarisation (nécessaire”).

Évidement la vulgarisation est nécessaire c’est un des rôle clé du journaliste. Il s’agit d’un exercice extrêmement compliqué car il nécessite une très bonne connaissance du dossier pour éviter les raccourcis facile et une capacité de se mettre dans la peau de monsieur et madame toutlemonde.

- Concernant le “parachute doré” .

Les indemnités de départ et les rémunérations des grands patrons sont dans bien des cas indécentes. C’est parce qu’il y a un système qui le permet. Attaquer un homme seul n’a aucun sens. Demain on te propose un salaire de 2 millions d’euro par an et ce le plus légalement du monde tu refuses? Moi pas. C’est exactement le cas de la plupart des CEO. La question est de savoir comment et pourquoi cela est possible.

On se focalise beaucoup sur les grands patrons mais tout les secteurs sont touchés. Euh combien il gagnait Zidane?

Ensuite Axel Miller a accepté de remettre son indemnité de départ au comité de Direction alors qu’il est dans son droit le plus strict pour la réclamer.

@ Membre de l’internationale des frères Fruticoles.
Je sais pas ce qui se passe mais tes commentaires sont systématiquement pris dans les filets d’Askimet (mon filtre spam sous Wordpress). Si l’honorable frère à une solution à me proposer je suis toute ouïe.

Pedrock 22/11/2008 at 11:24

@Thomas:

“Demandez au Soir combien sont payé les papiers de la pages opinions. Dans la plupart des canards un article de 1500 signes tourne autour des 80-90 euros brut (J’ai un doute sur les tarifs précis. [...] Dans ces conditions difficile de prendre le temps de se documenter sérieusement.”

Merci! C’est toujours bon à savoir…j’en suis à mon 6ième papier dans la page Opinions (Le Soir et La Libre), autour des 1500 signes chacun. Combien j’ai été payé? En tout?…attends, je calcule…voilà: 0,0€. Pourtant, sans vouloir paraître pompeux je ne pense pas que l’on puisse dire que le travail n’a pas été fait sérieusement. Un exemple:

http://opiniatre.wordpress.com/2008/09/30/un-4×4-plus-ecologique-qu%e2%80%99une-voiture-hybride-lorsque-la-vulgarisation-devient-vulgaire/

Attention, je ne me sentais pas du tout visé par ce que tu disais, c’était juste pour dire que je ne pense pas forcément que la déontologie soit liée à l’argent que l’on touche, mais plutôt à l’envie que l’on a de faire ce métier. Ceci-dit, c’est peut-être justement le fait de devoir encore avoir quelque chose à prouver et devoir encore lutter pour avoir ma place dans ces journaux qui font la différence…On en reparle lorsqu’on me rémunérera ce qui reste pour l’instant une passion ;)

“Demain on te propose un salaire de 2 millions d’euro par an et ce le plus légalement du monde tu refuses? ”

Euuh non, moi non plus ;) , tout à fait d’accord, la faute vient de ceux qui proposent (proposaient?) ces sommes faramineuses.

“Ensuite Axel Miller a accepté de remettre son indemnité de départ au comité de Direction alors qu’il est dans son droit le plus strict pour la réclamer. ”

Là par contre, je pense que n’importe qui avec un peu de bon sens aurait fait pareil. De un parce qu’il ne la méritait pas. De deux parce qu’il a gagné 100 fois chez Dexia en 6 ans, c’est pas comme si ça allait lui changer la vie.
De trois parce que ça lui permet de partir en grand prince, et non pas comme un voleur. Une bonne opération marketing…

Cordialement,

Thomas 23/11/2008 at 15:10

@Pedrock.
Je suis d’accord une bonne rémunération n’est pas une garantie en elle-même. La passion, l’envie, la volonté du travail bien fait sont évidement indispensable. Si l’argent était le seul moteur quasi aucun blogs n’existerais aujourd’hui (et bien d’autres choses admirables). Néanmoins, pour tenir sur le long terme il n’est pas possible de compter uniquement sur le bon vouloir des gens.

“If you give peanuts, you will get monkeys”

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