L’entreprise consciente

Tout cours de microéconomie commence par nous apprendre que le but d’une entreprise est de maximiser ses profits.

J’ai envie de proposer un chemin un peu différent. Sans doute pas révolutionnaire, mais j’ai besoin de poser ces quelques mots.

Je pense que l’entreprise au même titre que la politique, a un énorme pouvoir et donc une grande responsabilité dans la mise en place d’un bien vivre au sein de la Cité.

Une entreprise se doit d’être rentable, cela est évident. En revanche, ce qui peut être remis en cause c’est son but. Non,  une entreprise ne doit pas avoir comme seul horizon la maximisation de ses profits. Les profits doivent être une conséquence d’une vision plus humaniste.

Je propose la notion d’entreprise consciente1. C’est à dire l’entreprise consciente de l’importance du rôle et de l’influence qu’elle a sur ses employés , son environnement et ses clients. Cela va au delà d’un département RSE, il faut une démarche appliquée dans le quotidien de l’entreprise.  Une étude d’Echo Research relayé par le site Influencia semble d’ailleurs confirmer que cette vision est de plus en plus intégrée par les chefs d’entreprises. Extrait:

(Ndlr: la RSE) Elle est passée du simple écoblanchiment à un facteur de réussite essentiel pour l’entreprise, suscitant l’innovation et le changement afin de regagner la confiance des consommateurs-citoyens et de valoriser les entreprises à long terme. Des progrès notoires ont été réalisés en un temps relativement court, mais la route est encore longue. Les structures et les systèmes internes doivent évoluer pour mieux s’aligner sur les intérêts de l’entreprise».

 

Voici les grandes lignes d’une réflexion en cours:

Les employés

Une entreprise qui prend soin de ses employés est une entreprise plus créative, plus innovante et donc plus rentable. Une étude relayé par le New Yor times le confirme:

“Conventional wisdom suggests that pressure enhances performance; our real-time data, however, shows that workers perform better when they are happily engaged in what they do.”

Le bon sens nous fait dire que quelqu’un d’heureux est plus efficace que quelqu’un mis sous pression, angoissé et stressé. Cela demande de la confiance, une organisation plus horizontale, plus fluide. Certains poussent la confiance très loin en offrant des Vacances illimitées.

L’environnement

Son environnement. A prendre au sens large. Il est illusoire de croire que l’entreprise fonctionne isolée dans son coin. Elle fonctionne dans un écosytème complexe avec des ressources planétaires limités.

La production ne doit pas être considérée un événement linéaire: de la matière première rentre et il en sort un produit fini. Le souci de ce qui se passe avant (d’où vient la matière première?) et après (que devient mon produit?) est essentiel. C’est la thèse principale défendue dans l’ouvrage The New Capitalist Manifesto: Building a Disruptively Better Business

Clients

Voir les clients  comme des vaches à traire par tous les moyens possibles n’est pas tenable à long terme. Le comble de cette vision c’est l’obsolescence programmée , un mouvement du design industriel (Sur le sujet a voir : le reportage prêt à jeter ) où l’intelligence humaine est utilisée afin de rendre les produits plus fragile afin qu’ils se cassent plus vite, pour un taux de remplacement plus important. La surconsommation à son paroxysme.

Le client est un partenaire, il faut le voir comme tel. Sans clients, pas d’entreprise et pas de revenus. Sans entreprises pas de produits et services pour monsieur et madame tout le monde. La question c’est comment rendre cette relation win-win.

Si vous avez des exemples d’entreprises consciente laissez un commentaire.

 

Crédit photo: Ben Heine

  1. A la fin de l’écriture de cet article, j’ai découvert qu’il existait un livre avec ce titre. Je ne l’ai pas lu, voici:L’entreprise consciente : Comment créer de la valeur sans oublier les valeurs
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{ 2 comments… add one }

  • fourminus October 24, 2012 at 10:27 pm

    Le droit, si on l’écoute, me semble déjà dire déjà cela :
    Une “personne morale” doit avoir une “raison sociale” pour obtenir le droit d’exister en tant que personne juridique. Sans raison, sans bonne raison, raison sociale, c’est à dire raison bénéfique pour l’ensemble de la “société” une entreprise n’a aucun droit.
    Comment imaginer que la recherche du bénéfice immédiat puisse valoir raison sociale ?!
    Voir aussi le docu “the corporation” http://youtu.be/0ZmQ-YL63fM

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  • Thomas November 1, 2012 at 1:18 pm

    @Fourminus La raison sociale n’est ni plus ni moins que la dénomination, le nom de la société aux yeux du droit. Pour exister en tant que personne juridique il ne faut pas prouver une utilité pour l’ensemble de la Cité.

    Les Anglos-Saxons vont parler de “legal name” ou “corporate name” ce qui est plus clair que le terme français qui porte, je trouve, à confusion.

    edit

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