Article et interview réalisés pour Entreprise Globale

“Il y a un fossé générationnel dû aux nouvelles technologies. La génération Y est familière avec l’usage d’internet, ce qui n’est pas le cas des cadres d’entreprise. Ces derniers ne sont pas prêts à accueillir cette nouvelle génération“. Jacques Folon est professeur à l’ICHEC et à l’université de Metz ainsi qu’associé de la société Just in Time Management. Jacques Folon, entre autres, a développé une exp
ertise sur les risques légaux (propriété intellectuelle, vie privée, etc.) liés aux nouvelles technologies.
La Génération Y mal accueillie
“Aujourd’hui, ni le monde de l’enseignement, pas plus que le monde de l’entreprise, ne sont prêts à accueillir la jeune génération, aussi appelée génération Y”, dit-il. En gros, les moins de 26 ans (voir cette présentation).
“La génération Y est une génération toujours connectée, le jour comme la nuit, analyse Jacques Folon. Pour eux, a frontière entre vie privée et professionnelle est assez trouble. Quelqu’un de cette génération recevant un email professionnel à 23H00 n’ hésitera pas à y répondre. Mais en contrepartie, elle va trouver normal de discuter avec des amis sur Facebook pendant les heures de bureau “.
Facebook en entreprise
Le besoin de connexion permanente de la nouvelle génération pose la question de l’accès à internet sur le lieu de travail et des risques que cela peut entraîner. A ce niveau là, il existe une disparité entre le vieux et le nouveaux monde, estime le consultant. “Aux Etats-Unis, plus de 40% des entreprises ont une page Facebook et trouvent normal que les collaborateurs y participent, en Belgique, 40% des entreprises qui interdisent l’utilisation de Facebook“.
Réfléchir à la présence en ligne de ses employés, c’est également être conscient du danger potentiel pour l’entreprise. Voyez la récente mésaventure de Domino’s pizza. Deux employés se sont filmés en train de confectionner une pizza de façon plutôt peu ragoûtante. La n’a pas été comprise comme telle par le public. Résultat: l’image de Domino’s s’est retrouvée ternie.
Etablir et clarifier les règles
Couper l’accès à internet n’est pas une solution. Pour Jacques Folon, “interdire aux employés d’avoir accès depuis leur lieu de travail est inutile. Une fois chez eux, de toute façon, ils font ce qu’ils veulent”.
Cette semaine, le blogueur canadien Claude Malaison, prenait l’exemple des marques françaises de grande distribution La Redoute, Auchan, Castorama. “Rien que chez Auchan, j’ai recensé 262 groupes d’employés sur Facebook (…) Pourquoi ? Parce que l’entreprise ne leur donne pas l’occasion de réseauter”.
Pour Jacques folon, il faut donc accepter le principe que ses employées publient en ligne et former les collaborateurs à une gestion raisonnable des médias sociaux”.
“Parfois, les employés sont simplement coupables de naïveté, poursuit Jacque Folon. Prenons le cas, par exemple, d’un employé qui va écrire un message sur Facebook à ses amis pour les prévenir de son retard parce qu’il est en négociation avec telles personnes, alors qu’il peut s’agir d’une rencontre stratégique et confidentielle“.
Mettre en place quelques règles en matière de médias sociaux est dès lors indispensable.
Jacque Folon prend l’exemple de Coca-Cola. La marque de soda bien connue impose à ses employées qui souhaitent aller sur les médias sociaux durant leurs heures de travail d’indiquer clairement leur fonction et leur appartenance à la société s’ils évoquent cette dernière. Coca Cola a aussi accéléré le mouvement, récemment, en ce qui concerne la présence de sa marque sur les médias sociaux.
” Je compare souvent l’utilisation d’internet à l’utilisation du téléphone. Plein de choses désagréables sont réalisables avec un téléphone. Pourtant, aucune société ne songe, à l’interdire“.
Interdire Facebook au travail, c’est comme interdire le tel
envoyé par EntrepriseGlobale. – L’info video en direct.
