L’administration est par nature inefficace. La preuve par un exemple du quotidien.
Actiris a mis en place un programme de formation en langues à travers des chèques langues qui permet d’aller suivre des cours de langues dans l’école de s
on choix (c’est limité à une liste, mais cette dernière est très bien fournie).
Il existe deux types de chèques langues : ceux du “demandeur d’emploi” et ceux du “travailleur”. Dans le premier cas, il faut simplement être inscrit chez Actitiris et passer un test. Dans le deuxième cas de figure il faut avoir signé un contrat de travail de plus de six mois.
Je salue ce programme sauf que… j’ai l’art d’être systématiquement en dehors des petites cases prévues par le système.
Depuis que je suis sur le marché du travail j’essaye de bénéficier de ces formations en langue. J’ai terminé ma défense de mémoire début septembre 2008. Je me suis inscrit comme demandeur d’emploi peu après. Un projet m’ayant occupé jusque début novembre, ma quête pour la formation en langue n’a commencé qu’à ce moment-là. Les congés de Noël et les aléas de l’administration ont fait que j’ai eu mon bon à valoir pour les chèques que le 20 janvier. .
Entre temps j’étais en discussions avancées avec mon précédent employeur. Ce qui va suivre démontre un des premiers effets pervers des règles mises en place. Il faut prester les chèques langues “demandeurs d’emploi” (suivant les cas de 20 à 0 heur6es) avant d’avoir signé un contrat d’embauche. Car les chèques langues “demandeur d’emploi”ne peuvent être demandés qu’une seule fois dans sa vie, donc si lors de mes cours je trouve un emplois ceux-ci sont interrompus et je n’en aurais plus jamais droit. Euh ça motive les gens à trouver du boulot pendant leur formation ça? Il faut donc bien calculer son coup. Sachant que j’allais probablement être engagé le mois suivant, je ne les ai donc pas utilisés.
J’avais l’alternative de prendre les chèques “travailleurs ”, seul souci, il faut bénéficier d’un contrat de plus de 6 mois. Ce qui n’était pas le cas avec mon précédent employeur ( un CDD de 3 mois suivi d’un CDD de 4 mois).
Fin août, j’arrive à la fin de mes deux CDD. Je me débrouille pour trouver un nouveau boulot avec un CDI à la clé qui fait la jonction parfaite avec la fin de mon ancien contrat. Je me dis super séraphin (c’est le nom que je donne à mon alter ego
) tu vas pouvoir profiter de ces fameux chèques langues “travailleur”. Eh ben non!
J’ai téléphoné vendredi chez Actiris. J’ai appris qu’il fallait être inscrit comme demandeur d’emploi et faire le demande de ces fameux chèques AVANT de signer son nouveau contrat. Mais comment être demandeur d’emploi alors que l’on travaille? Eh ben l’administration a tout prévu et a créé un statut de demandeur d’emploi volontaire (sic). Si vous vous sentez l’envie de changer de travail vous pouvez bénéficier de ce statut, attention il va falloir vous déclarer et signer les documents entre 8H30 et 16H30 (1). Chose que j’ignorais évidemment.
Comme j’ai été trop rapide pour trouver du boulot et signer mon nouveau contrat, Actiris me récompense en m’interdisant de bénéficier de formation en langue. Travaillez, travaillez qu’ils disaient….
Évidemment, mon cas est particulier, mais quel cas ne l’est pas? Cela nous montre à quel point le fonctionnement administratif est incapable de s’adapter aux imprévus du terrain. Pétri de règles rigides, le système devient une machine redoutablement efficace dans l’application ces dernières, mais perd de vue l’objectif, le but initial à atteindre.
Que pourrait être une ébauche de solution? Adopter un management agile
Aujourd’hui le travail du fonctionnaire, consiste essentiellement dans l’application de règles et de procédures rigides. L’autonomie de ce dernier est limitée au strict minimum. Ce qu’il faudrait, c’est inverser la vapeur.Donner plus d’autonomie aux gens du terrain. Moins les contraindre par des règles que par des objectifs à atteindre.
Dans le cas des chèques langues ce serait la suppression de toutes ces règles alambiquées et les remplacer par :
Ensuite à Actiris de se débrouiller pour appliquer cela de la manière la plus efficace possible. Avec de telles règles, il est quasi impossible d’avoir un effet pervers. On limite la charge administrative liée aux règles compliquées, ce qui laisse plus de temps aux agents pour trouver des solutions innovantes adaptées à chaque cas.
Source image: http://www.flickr.com/photos/21007400@N06/2055912974
(1) il y a une heure de pause à midi et la distribution des tickets s’arrête à 16H00
Bon, tout n’est pas mauvais chez Actiris non plus, et j’ai beaucoup apprécié leur formation en RAE (dont voici les quelques conclusions : http://bit.ly/jd8RE)
Concernant les chèques langues, pour moi, même si le système pourrait être amélioré, il pâtit surtout de son succès (suppression des possibilités de cours particuliers, c’est trop cher) et paradoxalement du manque d’informations claires sur les procédures pour en bénéficier. Si tu avais su à l’avance qu’il te fallait être inscrit avant pour obtenir les chèques Job (ce que je savais parce que j’ai arraché les explications claires de la bouche de mon conseiller emploi), tu aurais pu t’inscrire avant les fin de tes CDD et n’avoir aucun problèmes pour obtenir ta formation.
Honnêtement, je trouve que la qualité de service chez Actiris est assez bonne, je m’attendais vraiment à nettement pire !
@Yann: Mon but n’est pas de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est évident qu’Actiris fait de bonne chose.
Ce que je veux démontrer c’est qu’à force de définir des règles alambiquées tout le monde y perd son latin, le personnel de l’administration en premier. Et ce n’est pas Actiris que je vise particulièrement, mais la manière dont est structurée n’importe quelle administration, ce billet n’étant qu’un exemple parmi d’autre.